Un livre dénonce le train de vie «monarchique» de l’État

1 février 2012 Posté par Un lecteur

Déplacements présidentiels, frais de bouche à l’Élysée, effectifs dans les ministères… Le député apparenté PS, René Dosière, pourfendeur des dépenses de l’Élysée et du gouvernement, raconte ses traques dans son livre L’Argent de l’État*.

Le député René Dosière en décembre 2009.

René Dosièrele scrutateur du budget de l’Élysée, récidive. Dans L’Argent de l’État. Un député mène l’enquête*, son dernier livre à paraître jeudi, l’élu apparenté PS déplore de nouveau les dépenses excessives de l’État, des déplacements de Nicolas Sarkozy aux frais de bouche de la présidence et aux effectifs dans les ministères. Un train de vie «monarchique» que le député de l’Aisne a décidé de dénoncer à moins de 100 jours de l’élection présidentielle de mai prochain.

Premier poste de dépenses pointé du doigt: les déplacements de Nicolas Sarkozy, deux à trois plus nombreux que ceux de son prédécesseur, Jacques Chirac. Selon René Dosière, une visite en province coûterait jusqu’à 600.000 euros, dont près de 450.000 uniquement pour les frais de police, pour deux heures passées sur place seulement. Des chiffres qui n’effrayent pas le président sortant puisque le nombre de ses déplacements a évolué de 50 au début du quinquennat à 70 par an. Au total, Nicolas Sarkozy passerait 24 heures par semaine dans un avion.

Les frais de bouche de l’Élysée s’élèvent à «12.000 euros par jour»

L’auteur de L’Argent de l’État dénonce des déplacements parfois liés à la campagne présidentielle et donc payés par le contribuable, alors que le chef de l’État ne s’est pas encore officiellement déclaré candidat. «Depuis quelques temps, Nicolas Sarkozy utilise sa position de président pour faire campagne sans le dire et naturellement sans la faire financer par ses partisans mais simplement par le budget de l’Etat. Ces dépenses-là ne figureront pas dans son compte de campagne», explique René Dosière, cité par RMC.fr.

À coup d’interventions à l’Assemblée et surtout de questions écrites très précises aux ministères, tenus de lui répondre, le parlementaire raconte dans son livre chacune de ses traques. Il a ainsi mis «quatre ans» à obtenir le coût exact d’une des garden-parties de l’Élysée. Celle de 2008 aurait coûté la bagatelle de 475.523 euros pour 7.050 invités. Signe de son influence, l’Élysée a supprimé en 2010, officiellement pour cause de crise, cette traditionnelle cérémonie du 14 juillet. René Dosière a par ailleurs levé le voile sur le prix des frais de bouche pour l’ensemble du 55, rue du Faubourg Saint-Honoré: 12.000 euros par jour, dimanche inclus.

Un ministre coûte 17 millions d’euros par an

Parallèlement, il a constaté une chute de plus de 47% des aides «aux plus démunis» délivrées par l’Élysée entre 2006 et 2008, selon Europe1.fr. Ce «service social» de la présidence de la République permet aux personnes dans le besoin d’écrire au chef de l’État. Après une enquête des services sociaux départementaux, l’Élysée peut accorder «une aide exceptionnelle de 200 ou 300 euros» selon René Dosière. Si en 2006, ces aides s’élevaient à 298.055 euros, elles n’étaient plus que de 141.069 euros en 2008 et de 164.884 euros en 2010. Alors que c’est surtout la première dame qui s’occupe de ce service, le député explique que «sous Bernadette Chirac, cette cellule était très développée», avec sept personnes, contre cinq aujourd’hui.

Après la présidence, René Dosière s’attaque aux ministères. «Alors qu’on demande aux Français de se serrer la ceinture, les cabinets ministériels s’offrent des augmentations faramineuses. Le gouvernement ne connaît pas la crise», écrit le pourfendeur des dépenses de l’État dans son chapitre consacré au «maquis des cabinets ministériels». Prenant l’exemple de Xavier Darcos lors d’une conférence de presse mardi matin, il a déclaré que celui-ci avait pris l’avion 158 fois en 174 jours, au cours de ses six derniers mois au ministère de l’Éducation (janvier-juin 2009), selon les chiffres transmis par cette administration. Il s’est également amusé à calculer le «coût» d’un ministre, personnel et locaux compris: 17 millions d’euros pour un an.

Infatigable, René Dosière continue chaque jour de récolter des informations sur le train de vie de l’État. Depuis la mise sous presse de son livre, il a ainsi appris que «les plus gros salaires au cabinet de la Défense avaient encore augmenté de 24 % en 2011 et ceux du ministère des Affaires européennes de 55 %**».

L’Argent de l’État. Un député mène l’enquête, Le Seuil, 285 p., 19,50 euros

** Le ministère des Affaires européennes n’était qu’un secrétariat d’État jusqu’au dernier remaniement.

Source: Lefigaro.fr

By: felipe

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2 commentaires pour Un livre dénonce le train de vie «monarchique» de l’État

  1. pierre dit :

    quelle décadence!….quelle indécence !….on pourrait se croire quelques mois avant la révolution de 1789

  2. Doziere a fait un très gros travail d’investigation

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