Madrid dévoile un budget d’une rigueur historique et promet d’être « fiable »

31 mars 2012 Posté par benji

Il y a encore peu on me disait: « des mesures d’austérités en France? Haaaa cela n’arrivera jamais! On est pas la Grèce non plus!« , pourtant, cela se rapproche et nous n’y échapperons pas, malgré l’optimisme de certains, donc continuons la préparation, qu’elle soit psychologique comme au niveau des réserves. Quand à l’Espagne, passez-moi l’expression: « Que Dieu ait pitié d’eux…« 

 

Soraya Saenz de Santamaria, Jose Manuel Soria (d), et Cristobal Montoro Romero font un point presse le 30 mars 2012 à Madrid

Quelques heures seulement après une grève générale accompagnée de manifestations monstres, l’Espagne a dévoilé vendredi le budget le plus rigoureux de son histoire, pour récupérer 27,3 milliards d’euros, et a promis à l’Europe d’être « fiable en 2012″.

C’est « le plus grand effort d’assainissement budgétaire de notre histoire démocratique », a affirmé le ministre du Budget Cristobal Montoro à l’issue du Conseil des ministres.

« L’Espagne sera fiable en 2012″, a-t-il promis, alors que le pays a explosé en 2011 son objectif de déficit, à 8,51% du PIB contre 6%, et obtenu pour 2012 un relâchement, avec un nouveau but à 5,3% du PIB au lieu de 4,4%.

Un message clairement adressé à ses partenaires européens, qui ont mis en garde le pays ces derniers jours.

 

Le commissaire européen en charge des Affaires économiques Olli Rehn, le 27 mars 2012 à Bruxelles

« L’Espagne est dans une situation financière très difficile », a encore déclaré vendredi le commissaire européen en charge des Affaires économiques Olli Rehn, même si elle a « de nombreux atouts pour assainir ses finances publiques ».

Quelques jours plus tôt, c’est le chef du gouvernement italien Mario Monti qui estimait que Madrid « donne beaucoup d’inquiétudes à l’Europe » tandis que le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé constatait que « l’Espagne a du mal à tenir ses objectifs ».

La banque américaine Citi s’était montrée la plus virulente, affirmant mercredi que « l’Espagne devra probablement entrer dans un programme de type Troïka (donc une aide de l’UE, de la BCE et du FMI, ndlr) cette année ».

« Nous sommes face à une situation limite », a reconnu vendredi la porte-parole du gouvernement Soraya Saenz de Santamaria, mais « l’Espagne tient sa parole et va remplir » son objectif de déficit.

« Notre première obligation est de revenir à des comptes publics assainis », a-t-elle insisté, même si le pays n’y parviendra pas « à n’importe quel prix », car il faut « soutenir ceux qui en ont le plus besoin et ne pas paralyser la croissance et la création d’emplois », dans un pays de nouveau en récession et au taux de chômage record (22,85%).

Ainsi, « nous avons pris la décision de maintenir la revalorisation des pensions de retraite, de geler le salaire des fonctionnaires au lieu de le baisser, de maintenir les prestations chômage et la dépense sociale, notamment les bourses », a-t-elle expliqué.

De même, « nous n’allons pas augmenter la TVA pour ne pas nuire à la consommation et à la reprise économique ».

 

Le ministre du Budget Cristobal Montoro s’exprime le 30 mars 2012 à Madrid à l’issue du Conseil des ministres.

Au total, l’Espagne veut récupérer 27,3 milliards d’euros, entre coupes budgétaires et hausses d’impôts, a expliqué M. Montoro.

Les budgets des ministères seront réduits de 16,9% en moyenne, ce qui permettra, avec d’autres mesures, d’économiser 17,8 milliards, le plus touché étant celui de l’Equipement qui sera amputé de plus de trois milliards.

A la hausse de l’impôt sur le revenu, annoncée fin décembre, s’ajoute notamment celle de l’impôt sur les sociétés ou des taxes sur le tabac.

La plupart des analystes tablaient sur la nécessité pour l’Espagne de trouver environ 50 milliards d’euros, en tenant compte de la récession, qui devrait réduire le PIB espagnol de 1,7% cette année.

Le reste de l’effort devra surtout venir des régions et des villes, à la santé financière fragile depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008.

Le doute demeure chez beaucoup d’économistes, qui craignent que l’Espagne manque à nouveau son objectif de déficit cette année.

« Cela a été démontré dans tous les pays, il est très difficile de réduire le déficit public au milieu d’une récession, parce que celle-ci réduit les recettes et augmente les dépenses, via les prestations chômage », dans un pays où près d’un actif sur quatre est sans emploi, souligne José Carlos Diez, économiste à la maison de courtage Intermoney.

« Du coup, nous ramons à contre-courant, avec une capacité pour ramer mais au final, nous nous épuisons », estime-t-il: « L’Espagne a besoin de temps mais il semble que Bruxelles ne soit pas disposée à lui en donner ».

Source: Reuters

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