Surpopulation, quand l’Homme se met la nature à dos..

28 avril 2012 Posté par voltigeur sous Argent et politiqueÉcologie, environnement et animaux

À compter de 1970, les surfaces allouées aux activités agricoles décollent. Cette période marque l’avènement de l’agriculture industrielle, des grandes monocultures gavées d’intrants chimiques. Malgré les gains de productivité, les 13 millions d’hectares ne suffisent plus pour répondre aux besoins de l’exportation.

Et pour cause : les quantités de blé tendre français vendues à l’étranger passent de 4 millions de tonnes en 1970 à 18 millions en 1982, après quoi elles ont baissé. Cette expansion ne répondait en rien aux besoins de la population française. Il s’agissait avant tout d’un enjeu économique. La France exportant ses productions, il a été décidé, en toute logique, d’importer de quoi nourrir les Français.

Cette perte d’autonomie alimentaire trouve aussi son origine dans la spécialisation des cultures. La France est le premier producteur mondial de betterave à sucre. Que faire de toute cette betterave, si ce n’est l’exporter ? Ainsi, pour un certain nombre d’aliments indispensables, la France compte principalement sur l’importation.

La marchandisation des denrées concourt pour une bonne part à ce phénomène. Ces produits alimentaires constituent aujourd’hui une force économique au même titre que des biens de consommation. Sans arrêter l’exportation agricole, du vin notamment, il serait judicieux de recentrer les productions sur les besoins directs de la population et non pas sur les exigences de l’industrie agro-alimentaire ou de l’exportation.

Cultiver en France tout ce qui peut l’être permettrait une quasi autonomie et allégerait le bilan carbone. Relocaliser et diversifier l’agriculture serait de même plus sain pour les autres pays exportateurs spécialisés. Le Brésil ne cultive plus que du soja, l’Indonésie de l’huile de palme et les plaines des Etats Unis sont couvertes de maïs.

Ce sont les prix et non plus les besoins alimentaires qui dictent les échanges. Ainsi, la Grande Bretagne peut exporter des pommes de terre vers les Pays-Bas et importer, de ce même pays… des pommes de terre.

L’absence de liens entre le nombre d’individus et la capacité de production agricole « réelle », ainsi que la quête de bénéfices au mépris de l’environnement, ont créé une agriculture destructrice de biodiversité. Cela a également permis à la population de grossir sans tenir compte des capacités réelles du milieu à subvenir aux besoins.

Le développement de l’industrie de la viande suit malheureusement cette tendance. Si les animaux sont en majorité élevés et tués en France, leur nourriture est en partie constituée de soja (OGM) en provenance du Brésil et leur viande vendue au Royaume-Uni.

Selon le Fonds Mondial pour la Nature (WWF), la France importe chaque années 4,5 millions de tonnes de soja du Brésil, soit 22% de la production de ce pays, au prix d’une déforestation massive. Cette production nécessite plus de 400m² de surface agricole par habitant. Infaisable en France.

Sans mondialisation agricole la France n’aurait pu se permettre de produire autant de viande et d’exporter autant de betterave. Les équilibres écologiques et économiques auraient été mieux préservés.

Aujourd’hui, les champs disparaissent en France. Pourtant, avec la généralisation nécessaire du bio, les surfaces agricoles seraient bien utiles pour palier une possible baisse de rendement. La FAO a montré que l’agriculture biologique ne pouvait, à elle seule, assurer la sécurité alimentaire au niveau mondial mais pouvait y contribuer de manière importante.

Des chercheurs autrichiens ont prévenu que l’Autriche ne pourrait assurer son autonomie alimentaire si elle passait au tout bio. Le bio met en lumière l’excès de population induit par la surproduction alimentaire. A l’inverse, une étude canadienne menée pendant 10 ans est plus optimiste et révèle que le bio pourrait, en fait, nourrir l’humanité.

Les engrais bio, encore très peu utilisés, autorisent des rendements élevés. Cependant, à mesure que la population augmente, les terres disponibles pour son alimentation sont trop souvent urbanisées.

Le désastre de l’agriculture intensive est longtemps resté ignoré. Il a participé à la plus grave crise agro-alimentaire et écologique de l’histoire de l’humanité.

La révolution agro-chimique a donné tord à Malthus, qui prédisait une incompatibilité entre la croissance arithmétique de la production agricole (1,2,3,4) et la croissance exponentielle de la population (1,2,4,8,16). Elle a par la même occasion jeté le discrédit sur toute idée de dénatalité.

Homme et nature préservées sont incompatibles

En France, l’Homme n’est plus soumis à la sélection naturelle. La médecine sauve un grand nombre de personnes de maladies qui, associées aux guerres et aux famines, ont longtemps maintenu la population française sous la barre des 20 millions. Le seul moyen de contrôler l’effectif passe donc par la prise de conscience de la finitude des ressources et de l’espace, et du besoin d’autres espèces de vivre. Car aucune espèce, pas même l’Homme, ne peut se reproduire indéfiniment.

L’Homme s’infiltre dans toutes les niches écologiques. Dans les océans, par exemple, la pêche intensive court-circuite la chaîne alimentaire. Les humains pêchent ce que mangent les requins, qu’ils exterminent par la même occasion. Les grands prédateurs comme les requins empêchent non seulement les proies de proliférer, mais aussi de trop diminuer.

Par la prédation, ils créent une pression sur ces populations, ce qui les incite à se reproduire davantage. C’est un subtil équilibre que l’Homme ignore trop souvent. On ne s’avance pas trop en disant que les 7 milliards d’humains ne seront jamais végétariens. Il est donc probable que la pression sur les ressources halieutiques se poursuive jusqu’à épuisement total.

En prolongeant les courbes actuelles d’expansion urbaine et de besoins alimentaires croissants (donc de surfaces), la France et le reste du monde se dirigent vraisemblablement dans une impasse. D’autant plus vite qu’un paramètre vital reste ignoré : la résilience écologique. Pour s’auto-épurer, la planète a besoin d’un minimum d’écosystèmes sains – forêts, milieux humides, océans, faune et flore diverses, etc. – , de terres vierges en somme.

(…)

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Auteur : Christofer Jauneau

Source : www.natura-sciences.com via Sauve-la-Terre

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